L’épuration durable dans les petites municipalités commence à devenir une réalité

Il y a quelques décennies à peine, l’épuration des eaux usées par des méthodes « propres » semblait être une utopie, surtout dans les zones rurales, dont les centres de population très dispersés ne disposent pas de stations d’épuration, mais où le défi de la récupération des ressources inspire des initiatives révolutionnaires.

EFE/Alberto Jiménez

C’est le cas du projet transfrontalier CircRural4.0, développé conjointement par des entités publiques et privées en France, au Portugal et en Espagne, qui, avec le soutien financier de l’Union européenne, étudie un système d’épuration dans ces régions qui fera progresser l’efficacité énergétique et l’économie circulaire.

Le projet est à mi-chemin de son parcours, l’étude pilote étant presque terminée et le défi de développer un produit qui fonctionne dans des installations réelles et existantes, la phase « la plus délicate », dans laquelle les partenaires « doivent intensifier leurs efforts pour poursuivre le même objectif », a déclaré Ion Irizar, coordinateur de l’initiative, à laquelle participe EFEverde de l’Agence Efe.

L’idée est de faciliter la déshydratation des déchets urbains et agroalimentaires in situ et à moindre coût dans les stations d’épuration des municipalités de moins de 2 000 habitants, et leur transport ultérieur vers une usine qui soit également capable de récupérer une partie de leur valeur sous forme d’engrais.

Une zone agricole

Lors de la troisième réunion des partenaires, qui s’est tenue à Toulouse (France), une région éminemment agricole, le conseiller régional de Haute-Garonne et vice-président de la société d’eau et d’assainissement Réseau31 , Gilbert Hébrard, était convaincu que le développement durable dans toutes ses dimensions « n’est plus une utopie ».

« C’est peut-être un rêve et nous ne pouvons pas tout résoudre avec une baguette magique », a souligné l’homme politique, « mais nos techniciens ont compris la direction à prendre et le fait que nos voisins espagnols et portugais aillent dans la même direction est rassurant.

Il a rappelé que cette région, où il y a une importante production de céréales et d’oléagineux, a été classée par l’Etat français comme « zone vulnérable » et que cela « nécessite l’adoption de certaines pratiques qui évitent la présence de nitrates dans les rivières », comme la réduction des pesticides ou l’installation de bandes d’herbe de part et d’autre des cours d’eau.

Ce projet, auquel participe Réseau31, « constitue une nouvelle étape dans la lutte contre le problème et, en tant que service public dont l’objectif est d’améliorer les rejets de l’industrie agroalimentaire, nous avons décidé d’y participer », a-t-il déclaré.

« Nos citoyens sont très attentifs à tout ce que nous faisons d’un point de vue environnemental, tant en ce qui concerne les rejets que la qualité de l’eau, et ils sont de plus en plus soucieux que nous apportions une réponse efficace aux problèmes liés à la pollution ou au changement climatique », a-t-il souligné.

Simulateur de contrôle de l’élimination de l’azote et du phosphore développé par l’INSA et Réseau31 à Toulouse (France). EFE/Alberto Jiménez

INSA et Réseau31, en étroite collaboration

La station d’épuration de Villefranche-de-Lauragais (STEP), exploitée par Réseau31, abrite l’une des phases pilotes de CircRural4.0, plus précisément un simulateur qui permettra de mesurer l’élimination du phosphore à moindre coût énergétique et chimique.

Mathieu Sperandio, professeur à l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Toulouse, partenaire du projet, travaille avec Réseau31 dans le cadre d' »une très bonne collaboration » pour obtenir des résultats « qui encourageront le Portugal et l’Espagne à mener des actions similaires », a-t-il déclaré.

CircRural4.0 propose une transformation radicale du traitement des eaux usées dans les zones rurales de la région sud-ouest de l’Union européenne ou espace Sudoe selon un nouveau concept de traitement basé sur l’utilisation efficace des ressources et l’économie circulaire.

La région de Sudoe compte des centaines de petites et moyennes villes situées dans des environnements ruraux où la gestion et le traitement des eaux usées répondent encore aux besoins du passé, « où la seule priorité était de garantir la qualité de l’eau traitée », selon le coordinateur du projet.

Ici, toutes les photos de la visite

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