France: vocation rurale avec ambition technologique

L’Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse (INSA) et le Syndicat Mixte de l’Eau et de l’Assainissement de Haute-Garone (Réseau31) participent au projet européen CircRural 4.0 pour démontrer une plus grande efficacité des stations d’épuration d’origine rurale, très courantes dans le Sud de la France.

MOINS DE CONSOMMATION, MOINS D’ÉMISSIONS

« Nous allons développer un simulateur qui nous permettra d’avoir un nouvel instrument pour l’élimination du phosphore dans les stations d’épuration des eaux usées à faible consommation d’énergie et, surtout, avec moins de produits chimiques « , explique Mathieu Sperandio, professeur à l’INSA, à Efe.

Selon lui, il est nécessaire d’améliorer le traitement actuel de l’azote et du phosphore dans les stations d’épuration en France ;  » nous avons de plus en plus d’ambition dans la réduction de la consommation d’énergie dans ces procédés et nous commençons à nous préoccuper des émissions de gaz à effet de serre « , a-t-il assuré.

RÉCUPÉRATION DES RESSOURCES

Le projet CircRural4.0 s’inscrit dans le cadre du Programme Sudoe, qui s’inscrit dans le cadre de l’objectif de coopération territoriale européenne dénommé « Interreg », financé par le Fonds européen de développement régional (FEDER).

L’initiative vise à transformer les petites et moyennes stations d’épuration des eaux usées (SEEU) situées dans les zones rurales en installations de récupération des ressources par la manipulation différenciée de l’azote, du phosphore et des matières organiques des boues des SEEU pour produire des engrais.

La France « est le pays qui consomme le plus d’engrais en Europe et l’azote et le phosphore sont largement utilisés par les agriculteurs », explique le professeur de l’INSA ; « toute solution permettant de recycler ces éléments pour l’agriculture, dans de bonnes conditions sanitaires, devrait donc être encouragée.

En ce sens, Sperandio a défendu la recherche de solutions simples et rustiques pour les petites installations, ainsi que des méthodes de contrôle faciles à mettre en œuvre et aussi économiques que possible.

INVESTISSEMENT DANS LE SAVOIR

Dans le sud-ouest de la France,  » nous avons une grande vocation rurale, avec quelque 130 stations d’épuration autour de Toulouse « , souligne Yann Oudard, directeur adjoint de Réseau31, qui souligne que ces installations  » nécessitent non seulement des investissements économiques, mais aussi des connaissances pour améliorer les procédés.

« Nous pouvons construire des choses très ambitieuses, très chères, dans lesquelles l’utilisateur est en retard et finit par payer », explique-t-il, mais « notre objectif est d’investir intellectuellement dans des installations de capacité moyenne – dans des communes de moins de 10 000 habitants – afin d’optimiser au maximum le traitement de leurs eaux usées sans se lancer dans des projets trop ambitieux sur le plan économique ».

Pour M. Oudard, « nous avons les mêmes problèmes que le reste de nos partenaires et nous sommes tous d’accord sur les moyens à mettre en place qui sont bénéfiques, notamment pour les régions du sud-ouest de l’Europe (…) mais nous avons aussi des obligations, car la directive européenne nous oblige à améliorer le traitement et la qualité des eaux » a-t-il souligné.

LE PROJET CIRCRURAL4.0

CircRural4.0, coordonné par le Centre Technologique Ceit-IK4, implique l’Agence Efe, la Fundación Instituto Tecnológico de Galicia (ITG), le Centro Tecnológico Agroalimentario Extremadura CTAEX et le Consorcio de Servicios Medioambientales de la Provincia de Badajoz.

Les partenaires portugais sont l’Universidade Nova de Lisboa et Águas de Portugal, tandis que les partenaires français sont l’Institut national des sciences appliquées de Toulouse et le Syndicat mixte de l’eau et de l’assainissement de Haute-Garonne.

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