Engrais sur mesure à partir de déchets agricoles

Le climat et le type de sol déterminent ce qu’il faut semer, quand et où, mais le développement optimal des cultures dépend des éléments nutritifs tels que l’azote et le phosphore, qui sont présents en grande partie dans les boues d’épuration et qui, bien séparés, permettent de développer des engrais « sur mesure ».

Ceci est possible grâce à une technologie capable d’intégrer les principes fondamentaux de l’économie circulaire et de restituer à la terre ce qui a été généré dans la terre, comme la manière la plus « efficace et raisonnable » d’améliorer la vie des gens.

Garbiñe Manterola Agirrezabalaga est investigatrice au centre technologique Ceit-IK4 qui, à la tête du projet européen CircRural 4.0, poursuit la conversion de petites et moyennes stations d’épuration des eaux usées (STEP) situées en milieu rural en installations de récupération des ressources.

Installation pilote de Fregenal de la Sierra (Badajoz)

Engrais à base d’azote et de phosphore

Le projet propose la manipulation différenciée de l’azote, du phosphore et de la matière organique à partir des boues provenant des stations d’épuration « pour fabriquer des formules spécifiques ou des engrais sur mesure pour chaque type de culture ».

L’objectif du projet CircRural 4.0, auquel participent des chercheurs espagnols, français et portugais et auquel participe l’Agence Efe, est de  » récupérer le phosphore et l’azote des eaux usées urbaines et des zones agricoles pour produire des engrais et les retourner dans les terres dont ils sont issus « , explique Manterola.

L’azote et le phosphore sont deux des principaux nutriments dont les plantes ont besoin pour pousser et sont généralement ajoutés au sol sous forme d’engrais pour les cultures.

Regardez ici les photos 

Déchets déshydratés

Ce projet comprend également un procédé de traitement anaérobie à sec pour traiter les boues d’épuration avec des déchets provenant de l’industrie agroalimentaire, un procédé qui constitue un grand avantage pour les installations rurales car les déchets précédemment déshydratés sont « plus faciles à transporter et à moindre coût ».

Ce traitement permet d’extraire la fraction liquide des boues traitées ou « digestat », d’où le phosphore et l’azote peuvent être récupérés.

D’autre part, la partie solide « peut également être utilisée comme amendement organique » pour améliorer les caractéristiques chimiques, physiques et biologiques des sols.

Pour commencer

Après un an et demi de tournage, CircRural 4.0 fait face à une étape cruciale, avec le démarrage de l’usine pilote, capable de transformer quelque 50 kilos de déchets par jour et pouvant être reproduite à l’échelle nationale.

« L’intérêt commence maintenant » pour les administrations publiques -responsables des aspects environnementaux et obligées de chercher des solutions pour chaque région à un coût abordable, pour le secteur agricole -bénéficiaire des solutions apportées par le projet- et pour la société -le bénéficiaire final d’une meilleure qualité de vie, souligne Manterola.

A propos de CircRural 4.0

CircRural propose une « transformation radicale » du traitement des eaux usées en milieu rural, basée sur l’utilisation efficace des ressources, pour laquelle les stations d’épuration actuelles doivent être équipées de technologies de contrôle intelligentes et d’analyse avancée des données.

Le projet est financé par le Programme de Coopération Territoriale de l’Espace Sud-Ouest Européen (Sudoe), à travers le Fonds Européen de Développement Régional (Feder), visant des initiatives qui contribuent à la croissance et au développement durable de cet espace (Espagne, France, Portugal et Gibraltar).

Partenaires

Neuf partenaires travaillent sur le projet, dont quatre sont des centres technologiques espagnols, deux portugais et deux français.

Outre le Centro de Estudios e Investigaciones Técnicas de Guipúzcoa (Ceit-IK4), la Fundación Instituto Tecnológico de Galicia (ITG), le Centro Tecnológico Agroalimentario de Extremadura CTAEX et le Consorcio de Servicios Medioambientales de la Provincia de Badajoz participent également.

A cela s’ajoutent les partenaires portugais – Universidade Nova de Lisboa et Águas de Portugal – et les partenaires français – Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse et Syndicat Mixte de l’Eau et de l’Assainissement de Haute-Garonne -, ainsi que EFEverde de l’Agence Efe, chargée de la communication.

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